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Axe 3 : Langages et signes

Signes, symboles, gestes et paroles sont non seulement des éléments de la vie sociale dont l’anthropologue peut difficilement faire l’impasse, mais également des moyens par lesquels il accède à la compréhension de ce qui se joue dans les relations sociales.

Une attention aux multiples dimensions langagières observables dans un contexte donné nous permettra, dans une perspective pragmatique, d’envisager autrement les relations entre discours et pratiques, et d’analyser, dans l’usage qui est fait des signes, symboles ou noms, les rôles d’ajustement qu’ils peuvent assumer. La nomination, en particulier l’attribution de noms propres aux personnes et aux animaux, peut en ce sens être révélatrice d’enjeux sociaux qui dépassent bien souvent la situation de communication dans laquelle elle prend sens, en particulier (mais pas uniquement) dans le cas du recours à des noms-messages (proverbial names), qui offrent la possibilité à l’énonciateur, implicitement, de dénoncer des pratiques et d’inviter à agir autrement.

D’un point de vue systématique, l’analyse des ensembles formés par les signes opérant dans un contexte donné, dans leur expression propre et dans ce qu’ils donnent à voir du jeu social dans lequel ils s’inscrivent, ouvre des perspectives d’enquêtes renouvelées dans une attention plus précise non seulement aux structures, mais aussi aux dynamiques impliquées par l’agentivité (agency) des acteurs concernés. Les noms en usage dans un contexte social peuvent par exemple en révéler l’organisation de différentes manières, dont la cohérence n’est pas toujours évidente et qu’il appartient à l’anthropologue d’analyser dans sa globalité et dans sa dynamique.

Dans la sphère de l’action religieuse, les signes divinatoires jouent un rôle central dans de très nombreuses sociétés. Les esprits s’expriment en général non par les mots du langage ordinaire, mais au moyen d’oracle de différentes natures. Il peut s’agir des propos proférés par un possédé, ou bien de configuration aléatoire, comme le jet de coquillages sur le sol. Dans tous les cas, l’interprétation est nécessaire, et elle se développe dans l’interaction entre devin et consultant. Plus généralement, si la vie sociale est organisée par les échanges langagiers, elle est aussi traversée par l’usage de symboles dont la nature est polysémique et l’interprétation sujette à controverses.

Il s’agit donc de développer une anthropologie linguistique élargie à l’étude des signes religieux et des symboles, fondée sur nos diverses données de terrain, avec pour objectif une plus grande visibilité pour cette discipline frontière encore peu représentée dans le paysage de la recherche française.

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