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Axe 2 : Les figures de la relation anthropologique, parenté, communauté, réseaux

La vocation première de l’anthropologie demeure celle de la perspective comparative. Ce comparatisme raisonné est le seul gage de la possibilité de mieux comprendre le monde, dans sa complexité mais aussi et surtout dans sa diversité. Nous nous proposons dans cet axe de recherche de rendre compte de la façon dont se constituent des collectifs humains. La parenté joue un rôle central dans ce travail de socialité ; mais nous nous intéressons aussi à des liens fondés sur une complémentarité économique (le réseau), et ceux qui dérivent de la religion, qu’elle soit ou non institutionnalisée.

En ce qui concerne l’anthropologie de la parenté, nous menons une analyse de l’interdépendance des représentations et des pratiques culturelles, par la mise en perspective des théories locales des humeurs (lait, sang, sperme). Si l’anthropologie de la parenté a été « détrônée » par des problématiques plus immédiatement orientées vers l’analyse de la modernité occidentale (sociologie de la famille, gender studies, etc.), on constate aujourd’hui le retour d’études plus formelles, marquant un certain renouveau théorique dans ce domaine. Sans rejeter absolument les méthodes formelles, nous nous proposons plutôt d’articuler la théorie anthropologique des substances à une perspective plus politique : nous pouvons observer sur nos terrains que la perspective substantielle sert à l’évitement des conflits d’intérêts entre groupements alliés. Cette perspective remet en question les théories classiques de l’anthropologie sociale, car, si toute société se fonde en partie sur la parenté, elle se fonde avant tout sur sa manipulation au profit d’intérêts singuliers.

L’anthropologie des réseaux est un domaine nouveau dans notre discipline. Ces derniers seront envisagés sur les différents terrains analysés par les membres de l’équipe. La circulation des personnes, des richesses et des connaissances constituent un angle d’approche privilégiée. L’étude de la culture matérielle permettra l’analyse des mutations sociales (typologie précise des objets endogènes et/ou exogènes ainsi que leur transformation physique et fonctionnelle : « l’industrie de récupération », emploi des matières innovantes, les savoirs techniques locaux). Les répercussions de la culture matérielle dans les domaines technique, économique et social prolongent différentes interrogations en montrant comment l’objet peut devenir un support identitaire et intervenir dans le système de représentation.

L’anthropologie de la religion rejoint largement les questions relatives à la parenté et aux réseaux. Elle s’interroge en particulier sur la constitution de communautés religieuses, au moyen de l’initiation qui crée un lien spirituel entre initiés, et par le biais de réseaux internationaux, sur lesquels s’appuient par exemples les Eglises évangéliques. L’anthropologie de la religion tente ainsi de comprendre comment une relation stable de solidarité entre personnes peut être médiatisée par des entités invisibles. Un questionnement plus radical encore porte sur la nature même de tout lien social : est-il possible que la socialité se dispense de toute référence à des esprits ? Autrement dit, la référence au surnaturel n’est-elle pas au principe de la construction de toute collectivité humaine, même de celles qui semblent les plus sécularisées ?

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