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Au Bwa-tun, pays des Bwa (Sud-Est du Mali)

Cécile Leguy

Les Bwa (sing. Bo) sont des agriculteurs sédentaires vivant en communautés villageoises au sud-est du Mali (Cercles de San et de Tominian) et à l’ouest du Burkina Faso (Provinces du Mounhoun, de la Kossi et du Houet), où ils sont plutôt appelés Bwaba (ou Bwawa). La population totale est estimée à 300 000 individus. Ils parlent le boomu (ou bwamu au Burkina Faso), une langue de la famille Gur (voltaïque). Alors qu’ils ont toujours opposé une résistance farouche à l’islam, certains se sont convertis au christianisme, depuis l’arrivée de missionnaires catholiques à Mandiakuy (Mali) en 1922. Le nombre de chrétiens est estimé aujourd’hui à 10% au pays des Bwa maliens, ce qui fait la spécificité de cette région dans un pays à majorité musulmane. Les adeptes de la religion traditionnelle, sous la forme principale d’un culte des ancêtres, sont largement majoritaires.

L’organisation sociale, fondée sur une distinction entre cultivateurs – Bwa proprement dit – et hommes de castes – forgerons et griots vivant principalement de leurs travaux d’artisanat – reste principalement structurée par les classes d’âge. Les griots et les forgerons forment des groupes endogames.

Les principales plantes cultivées sont le sorgho, le petit mil, le fonio, l’arachide et, selon les villages, le riz, l’oignon, le maïs et le coton. Les bovins sont généralement confiés aux Peul qui circulent dans le Bwa-tun, le pays des Bwa. Ovins, caprins, porcs et volailles sont élevés au village et principalement utilisés comme réserve d’épargne, mais aussi pour l’accueil des amis, les besoins sacrificiels et les repas festifs. Des parcs arboricoles sont également exploités, notamment le karité (pour ses noix), le néré (pour ses fruits) et le baobab (pour ses feuilles, son écorce et ses fruits).

Les Bwa se sont rendus célèbres dans l’histoire de la région pour leur opposition à l’administration coloniale, qui s’est exprimée par une importante révolte en 1915-1916 – sur laquelle s’achève le célèbre roman de Nazi Boni, Crépuscule des temps anciens – révolte matée au bout de neuf mois mais dont on garde une grande fierté !

Portfolio

Village de Sialo à la saison des pluies, 2009 (crédits C. Leguy) Sabéréda'a à la saison des pluies, 2009 (crédits C. Leguy) Grenier à Sabéréda'a, 2009 (crédits C. Leguy) Tia, arrosage des oignons, janv. 1994 (crédits C. Leguy) Sialo, Récole collective du petit mil, nov. 1993 (crédits C. Leguy) Sialo, forgerons - déc. 1993 (crédits C. Leguy) Préparation de la farine, Sialo, juillet 2005 (crédits C. Leguy) Préparation de la bière de mil, Sialo, 1994 (crédits C. Leguy) Marché de Tominian, chef-lieu de cercle, 2009 (crédits C. Leguy) Sabéréda'a en saison sèche, déc. 1994 (crédits C. Leguy) Feu de brousse sur la route de Touba, fév. 1995 (crédits C. Leguy) Sialo, Cuisine pour la fête, 1994 (crédits C. Leguy) Sialo, Danseurs et musiciens pour la fête, 1994 (crédits C. Leguy) Sialo, lessive au marigot, juillet 2009 (crédits C. Leguy) Rentrée des récoltes, Sialo, nov. 1993 (crédits C. Leguy) Construction d'un grenier, Sialo, janv. 94 (crédits C. Leguy) Sokoura, Battage collectif du riz, 1994 (crédits C. Leguy) Sialo, les greniers, juillet 2009 (crédits C. Leguy)

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